Photo de Rexhep Ismajli, Président de l’Académie des Sciences du Kosovo Signe plus blanc nom du site et retour à la carte
« Je suis convaincu que l’Albanie et le Kosovo, les deux, ont un avenir européen. [...] Dans dix ans, l’Albanie sera un candidat bien plus sérieux que ne le sont aujourd’hui la Roumanie et la Bulgarie. »
Noms de villes d'Europe qui forment une carte, cette image permet de retourner à la page d'accueil Signe plus blanc Cette photographie représente la façade de l'Auberge du Parlement, à Vienne, Autriche

Linguiste, écrivain et traducteur, emprisonné lors du conflit de 1999 contre la Serbie, Rexhep Ismajli est aujourd’hui le président de l’Académie du Kosovo.

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Quelle a été votre première expérience de l’Europe ?

Ce fut sans doute l’apprentissage du français, matière que j’avais choisie au lycée. Je me souviens très bien de l’examen final, qui se passait entièrement en français : c’était sur un texte de Molière… Ma première expérience de l’Europe est donc plutôt passée par les textes. Dans les premières années du socialisme, je ne m’imaginais même pas sortir un jour de Yougoslavie. Notre horizon s’arrêtait à Presevo, au nord du Kosovo…
Mais, pour ma génération, celle des années 1960, cela a changé : comme beaucoup de jeunes de cette époque je suis venu étudier à Pristina. Notre génération a été la première à établir des contacts avec l’étranger car l’Université accueillait des chercheurs allemands ou français, qui nous faisaient lire des livres ; nous avons eu beaucoup d’expériences communes et, finalement, nous finissions par sortir timidement de Yougoslavie. C’est comme cela que je suis parti pour Paris, en 1968.

Pourquoi avoir choisi Paris pour cette première « sortie » de Yougoslavie ?

Avant tout parce que la culture française fut pour moi le premier lien avec le reste de l’Europe. Pendant mes années d’étude à Pristina, je lisais intensivement des auteurs français, en particulier Jacques Prévert dont j’ai traduit les poèmes en albanais. C’était ma toute première traduction, et j’ai même réussi à la faire passer en Albanie, ce qui était presque impossible à l’époque !
Puis je me suis mis à connaître les cultures européennes de manière très intensive par des études, par des recherches. Ici, j’ai fait l’étude des langues de littérature albanaise mais en 1971, je suis parti en France pour continuer avec mes études de linguistique avec le Professeur Martinet – qui était le plus grand linguiste, pas seulement français mais mondial, de ce temps-là. Il est le meilleur professeur que j’aie jamais eu. Vous pouvez d’ailleurs lire dans ses Mémoires quelques pages sur l’Albanie : j’en suis très fier, car c’est moi qui la lui ai fait connaître !

J’ai donc étudié à Paris pendant deux ans et y suis retourné chaque année depuis : j’y allais pour acheter des livres, et toute ma bibliothèque a été assemblée ainsi. J’apprenais les langues, (l’allemand, l’italien, l’anglais et le roumain. Et comme je connaissais les langues slaves grâce au serbo-croate, j’ai acquis une connaissance presque complète des langues de l’Europe.

Quelles impressions vous ont laissées ces premiers voyages européens ?

Avant tout, une impression de facilité. A l’époque, le passeport yougoslave était valable pour toute l’Europe, Est et Ouest : il suffisait d’acheter un billet de 2ème classe, puis de monter dans le train qui partait d’ici pour Belgrade, Ljubljana, l’Italie, puis Dijon, Paris, jusqu’à Londres ! Avec ce train, j’ai beaucoup voyagé : j’ai connu l’Italie, la France, l’Allemagne et un petit peu l’Angleterre.

Vous savez, pour nous, il y avait d’une part « l’Europe » que je connaissais, occidentale et libérale ; et d’autre part, le reste, les « Balkans ». Il reste d’ailleurs quelque chose aujourd’hui de cette frontière qui passe un peu au sud de Ljubljana, symboliquement, même si elle a disparu politiquement. Au-delà de cette frontière, nous nous sentions un peu plus libres, oar rapport aux liens familiaux, aux habitudes et aux coutumes que nous avions ici… Et surtout, il y a avait moins de répression. Dans la Yougoslavie de ce temps là, on avait peur du contact avec la police. Tant dis qu’à Pari, je voyais des manifestations  journalières où les étudiants faisaient toutes sortes de choses interdites sans que ce soit dangereux.

C’est donc en voyageant que vous êtes devenu européen de façon « consciente ».

Je crois que oui. Ma génération a appris à faire des connexions : quand nous relisions l’histoire albanaise, nous nous rendions bien compte que c’était une histoire essentiellement européenne, dès les temps reculés, bien que cette histoire européenne ait été recouverte par diverses histoires (celle du monde Byzantin et surtout de l’empire Ottoman), et possède une souche orientale ou « méditerranéenne ». Ce sont aujourd’hui des cercles d’appartenance complexes, qui ne s’excluent pas.

Lorsque vous évoquez l’identité méditerranéenne, on ne peut s’empêcher de penser à la Turquie ; justement, quelle est aujourd’hui la relation des Albanais avec la Turquie ? Est-elle marquée par un sentiment de proximité ou d’altérité ?

Il existe dans les Balkans une relation particulière avec la Turquie : cela est en partie dû à la présence de vestiges du monde ottoman, que ce soit dans le mode de vie, l’habitat, les traditions, la langue (pleine de mots turcs), la cuisine… ou l’organisation des villes : chacune possède son bain central, élément absent du modèle urbain « européen ». Mais cet héritage est déjà vieux, car les Ottomans se sont retirés au XIXème siècle… et le XXème a beaucoup changé ce tableau.

Vous avez voyagé en Angleterre, en Italie, qu’est-ce qui selon vous, relie les européens entre eux, les anglais, les albanais, les français, les italiens, qu’est-ce qui les tient ensemble.

C’est difficile à dire car, pour moi, l’identité européenne c’est la diversité. C’est ce qui me saute aux yeux quand je pense à l’Europe : pour moi, il y a autant de différences entre les Français et les Italiens qu’entre les Italiens et les Albanais. Ce n’est qu’ensuite que j’aperçois des traits communs, par exemple, dans la vie urbaine, dans les lieux publics, dans les cafés, dans la socialisation ; et d’un rapport similaire à la culture, à la littérature. Nos écrivains, vous le verrez en lisant Kadaré ou d’autres, ne sont pas différents des auteurs que l’on appelle « européens ».
En tout cas, on ne peut pas dire qu’il y ait une « européanité » essentielle : je parlerais plutôt de valeurs communes.

Et quelles sont ces valeurs ?

Des valeurs de droit, d’égalité, de respect pour l’autre, d’égalité entre hommes et femmes, de liberté… et aussi des valeurs de marché, qui sont particulièrement familières aux Albanais. C’est un fait intéressant : comme ils ont été marginalisés par le régime socialiste, les Albanais ont développé plus que les autres Yougoslaves l’esprit d’entreprise. Récemment encore, presque tous les petits commerçants d’ici à Ljubljana étaient albanais. Cet espace additionnel, semi-illégal du petit commerce leur a permis de se réfugier, de trouver du travail.

Imaginez-vous l’Albanie et le Kosovo rejoindre prochainement l’Union européenne ?

Laissez-moi vous dire une chose : les Albanais et les Kosovars se sentiront très bien en Europe. Je n’y vois aucun obstacle.

Qu’est-ce qui vous rend si optimiste ?

La langue n’est pas un problème, car les Albanais connaissent en général beaucoup de langues étrangères. Et surtout, ils partagent les valeurs sont assez communes avec beaucoup de pays européens, d’ici au Portugal. Il y a beaucoup d’Albanais qui habitent en Allemagne, qui ont des habitudes très communes avec la France, ce n’est pas un problème.
Mais le problème des religions, des coutumes, etc. est quelque chose de superficiel car, ici comme en Europe, la religion est un problème d’ordre personnel, pas social. Au XXème, le pays connu une influence laïque. Les Albanais n’ont jamais eu d’Etat religieux, ce qui n’est pas le cas de nombreux autres pays majoritairement musulmans. Je parle surtout des pays arabes, car, heureusement, la Turquie est déjà très laïcisée.
Les Albanais, j’ose le dire, ont joué un grand rôle dans ce processus de laïcisation et d’européanisation de la Turquie. Avant que l’Albanie n’obtienne son indépendance en 1912, de nombreux Albanais « montaient » à la capitale de l’Empire Ottoman : ces Albanais d’Istanbul étaient très présents dans l’élite sociale et intellectuelle, et ont pu transformer « de l’intérieur » la culture turque dans le sens de l’européanisation.
Par exemple, le premier recteur de l’université d’Istanbul était un Albanais qui avait fait des études en France. Le plus grand intellectuel de la Turquie, qui a défini les bases de la langue Turque actuelle était aussi un Albanais qui a joué un double rôle : il est à la fois l’auteur d’encyclopédies en français, en arabe et turc ottoman à l’usage des Turcs et d’une grammaire de l’albanais. C’est lui qui a rédigé le programme national albanais. Mais comme l’orientation a toujours été très européenne, alors qu’ils œuvraient aussi du dedans, dans la culture turque, vers dans le sens de l’européanisation, dans les deux sens.
Et ce rôle, je suis convaincu que les Albanais pourraient le jouer à nouveau dans le cadre l’UE.

Ce serait là l’un des apports de l’Albanie à l’UE ?

Certainement. Mais à vrai dire, l’Albanie peut apporter à l’Europe quelque chose de plus essentiel encore : je veux parler de l’extraordinaire tolérance religieuse qui règne ici.
En Albanie et au Kosovo cohabitent des Musulmans, des Orthodoxes, des Catholiques, et cela depuis des siècles, sans qu’il n’y ait jamais eu de guerres religieuses – tout au plus quelques tensions épisodiques. Alors que les Protestants et les Catholiques se sont déchirés dans de nombreux pays européens, les Albanais de différentes confessions ont maintenu jusqu’à nos jours une cohabitation exemplaire. Si vous allez au festival de musique de Pristina, vous remarquerez peut-être que la plupart des concerts se passent dans une église catholique, ce qui n’empêche pas des milliers de gens d’y assister et de s’y sentir comme dans leur propre église. Cette tradition de tolérance est ce qui permet aux Albanais d’aujourd’hui de s’intégrer partout en Europe, en respectant les coutumes et les traditions religieuses du pays qui les accueille. 
Alors que l’Europe en général est confrontée à la montée de l’intolérance et du fanatisme, c’est sans doute ce que les Albanais peuvent lui apporter de plus précieux – et je regrette que cela ne soit pas suffisamment accentué jusqu’à présent.

Et vous voyez d’autres aspects ?

Je serais plus consensuel en vous disant que les Albanais possèdent une culture et une langue « à part »… c’est pourtant cetrès différente au point de vue linguistique, par exemple, en français. L’albanais c’est une langue indoeuropéenne, c’est comme le latin, comme l’allemand, les langues slaves, etc… mais pourtant, elle forme une branche à part, comme le grec ou l’arménien. Ce sont des langues qui ont survécu des Indo-européens, à l’écart des grands groupes slaves, latines, germaniques, indiennes, persannes, etc.
L’albanais, le grec et l’arménien, ce sont des petites branches qui n’ont pas de dispersions, alors ce qui est une originalité de l’Europe. Je crois que c’est très important de le dire, qu’il y a une tradition historique très grande, dans les connexions historiques, les albanais ont été très très très attachés, au moyen âge, surtout avec les enjeux, les différents rois de l’Europe du sud. Même avec l’Espagne, il y avait les, la poste par exemple qui venait de Valladolid par l’Italie, à Scutari jusqu’à Istanbul.
C’était organisé par les albanais, c’était les albanais qui organisaient. Donc il y avait le commerce, le socialisme avait couvert, un petit peu, ce qui était couvert par la guerre Ottoman, additionnellement, le socialisme avait couvert par l’idéologie, du socialisme, qui était différente de l’idéologie, même socialiste européenne. Alors c’était plutôt un masque, maintenant les gens (……) voient que c’est la même chose qu’en Europe. Alors, nous ne sont pas la génération qui voit cette proximité, cette identité européenne. En fait, c’était une européanité déjà très tôt.

Et cette langue, qui est tout à fait à part dans les, de la famille des langues indo européennes. Est-ce que vous pourriez me donner un exemple ou deux, de son caractère propre, la façon qu’elle a d’exprimer les choses, de découper le monde, en tout cas, de l’exprimer.

Bien sûr, l’albanais forme la phrase comme les langues européennes, par exemple avec un sujet, un objet et un sujet, un verbe, un objet.

La syntaxe très simple.

La syntaxe est la même et après, il y a beaucoup de mots qui sont indoeuropéenne, par exemple, je vous donne des exemples, par exemple en albanais, on dit moter, c’est la sœur, c’est un mot très vieux, mater latin, matera slave, mother anglais,, etc., dans les langues germaniques, donc les mots simples sont de la même racine, il y a beaucoup de mots vieux, indoeuropéens qui sont de la même racine qu’en albanais, dans les langues slaves, dans les langues germaniques, dans les langues celtiques, latines, etc. On croit que les albanais viennent du monde illyrien et il y a très peu de vestiges de ce monde, il n’y a que les albanais et il y a du monde celtique, qu’il n’y a que les irlandais, il y a de tout en France. Ce sont des spécificités européennes très intéressantes au point de vue culturel, au point de vue de la reconstruction du passé très ancien indoeuropéen et de l’Europe, très important.
Oui, ce sont (…) La mode européen de construire les choses, c’est pareil partout. Il y a la grammaire avec les mots, les verbes, les compléments, etc., c’est pareil comme dans les langues européennes. Il y a un lexique très à part, hérité de l’ancien temps mais l’albanais a aussi des mots anciens grecs, des mots anciens latins, des mots anciens slaves, germaniques un peu, beaucoup de mots turcs aussi parce que c’était le temps de la connivence là. Maintenant, il y a beaucoup d’anglisme, comme chez vous, c’est partout, la globalisation.

L’albanais, c’est un petit résumé de l’Europe en fait.

C’est une sorte, dans chaque coin de l’Europe, il y a des sortes pareil, résumé mais spécifique.

Depuis quand est-ce que c’est, depuis quand est-ce que tant de mots anglais ont pénétré cette langue ou ont pénétré même l’environnement.

Les premiers emprunts à l’anglais apparaissent dès XIXème siècle, mais restent en très petit nombre jusqu’à la deuxième moitié du XXème siècle. Depuis, l’influence de l’anglais sur notre langue est exponentielle, surtout depuis que le Kosovo est administré par l’ONU : voilà déjà neuf ans que l’anglais est la langue officielle du pays !

La langue anglaise est en effet omniprésente : sur les affiches, dans les journaux, les devantures des magasins… mais pensez-vous que cela va avoir une influence directe sur la manière de parler l’albanais

Pas plus qu’ailleurs ! Toutes les langues sont affectées par l’influence de l’anglais, langue de la globalisation. Tout comme il existe un « Spanglais » et un « Franglais », nous avons notre « Albanglais » - très apprécié des hommes politiques, comme ce député qui déclarait récemment à la télévision : « je lui donne my full support » !

Justement, de nombreux Albanais sont inquiets pour l’avenir de leur langue si le Kosovo et l’Albanie devaient intégrer l’Union Européenne…

Je crois que ces craintes ne sont pas justifiées. Pour moi, l’albanais est au contraire l’une des langues qui va survivre le mieux, car elle est unique en son genre, comme le grec ou l’arménien ; D’autre part, on la parle dans plusieurs pays, ce qui en fait une langue de commerce attractive pour les non-Albanais du Monténégro, de Macédoine…
Mais elle survivra d’autant mieux que nous la ferons vivre en la cultivant activement.

Mais comment expliquez-vous que les gens aient cette crainte ?

C’est sans doute dû à l’hégémonie de l’anglais dans les médias, particulièrement sensible au Kosovo. Le monde que décrit CNN, très regardée ici, est exclusivement anglophone ! Mais en réalité l’anglais se diversifie très vite, comme le latin des temps reculés, le grec ancien ou le turc ottoman. Il faudrait parler de cette langue au pluriel, avec ses dialectes d’Amérique, de Grande-Bretagne, d’Australie, des Indes : là encore, mondialisation est synonyme de diversité…

Quel jugement portez-vous sur l’œuvre d’unification et d’intégration européenne depuis cinquante ans ? Pour vous, est-ce un projet qui a réussi ?

Il me semble que oui, même si l’Union européenne actuelle n’est peut-être pas aussi unie que l’auraient espéré les fondateurs, en tout cas les partisans des « Etats-Unis d’Europe ». Mais la diversité actuelle, c’est aussi la possibilité d’être beaucoup plus créatif.

Et vous n’avez pas de craintes, quant à l’avenir de la construction européenne ?

Bien au contraire ! Dans les prochaines années, l’Union Européenne va pouvoir régler des problèmes très anciens, que l’on croyait insolubles – comme, dans notre cas, la séparation des Albanais en plusieurs Etats, partage malheureux que l’unification européenne nous permettra de dépasser.

Vous imaginez donc le Kosovo et l’Albanie intégrer l’UE dans un avenir proche ?

Je suis convaincu que l’Albanie et le Kosovo, les deux, ont un avenir européen. L’Albanie a beau supporter les séquelles d’un régime communiste beaucoup plus dur que celui de ses voisins, elle est en train de se rattraper. Dans dix ans, l’Albanie sera un candidat bien plus sérieux que ne le sont aujourd’hui la Roumanie et la Bulgarie.

L’adhésion de ces deux pays a d’ailleurs surpris de nombreux Kosovars…

Il est vrai que beaucoup d’Albanais se sentent culturellement mieux préparés que les Roumains et les Bulgares à rejoindre l’UE, et comprennent mal que leurs problèmes sociaux et économiques le leur interdisent !
Il y a aussi l’impression d’être laissé pour compte. Pour la comprendre, il ne faut pas oublier que, dans les années 1960 ou 1970, la Grèce était moins développée que la Yougoslavie : les étudiants grecs venaient à l’Université de Pristina, et nous, les Yougoslaves, allions passer nos vacances en Grèce. Aujourd’hui, c’est l’inverse ! car la Grèce, en s’intégrant à l’Europe en 1981, a pu entrer dans un cycle de développement rapide que nous commençons à peine aujourd’hui.

Pourquoi les Albanais seraient-ils « culturellement mieux préparés » à l’intégration européenne ?

Parce que la culture et l’éducation sont très importantes ici : la connaissance des langues étrangères en est le meilleur exemple. De plus, notre population est jeune, avec un âge moyen inférieur à trente ans au Kosovo.
C’est  un pays qui a été totalement détruit et vous voyez, en 8 ans, il a été complètement reconstitué donc c’est grâce à la volonté et à l’énergie de ces jeunes, autrement, ça n’aurait pas été possible. Si vous partez en Bosnie, vous remarquerez.
Ces jeunes sont bien formés, multilingues, tolérants, « imbattables » en quelque sorte – et comprennent mal que des barrières infranchissables les empêchent d’accéder au marché du travail européen, ou que leurs passeports ne leur permettent pas d’aller plus loin que Skopje…
Ce sentiment d’ « enfermement » pèse sur la jeunesse. Oui, c’est ça, c’est le problème. L’idée d’être clos, isolé, c’est terrible.
Et cela aussi, c’est un produit européen, C’est une question à résoudre urgemment, dans les toutes prochaines années ; si le problème persiste, il faut s’attendre à une explosion, car on ne peut pas empêcher des jeunes sans emploi ici d’aller gagner leur vie où l’on a besoin de leur travail, serait-ce par des voies clandestines. Donc l’Europe doit chercher des moyens de voies, des voies communes avec, pas seulement des albanais, les pays de l’Europe de l’ouest, du sud de l’Europe pour créé des voies pour les intégrer.

Que leur souhaitez-vous pour l’avenir, à ces jeunes Kosovars ?

Qu’ils jouissent de la même liberté de mouvement et de pensée que les autres Européens ! Qu’ils n’aient plus à venir me demander de l’aide pour obtenir un visa Schengen ! Qu’ils soient reliés à la jeunesse européenne par des « câbles » plus souples…

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